À Matonge, au cœur d’Ixelles, tout le monde connaît Moneytrans comme on connaît WesternUnion ou Moneygram, ces sociétés spécialisées dans le transfert de devises. Ce qu’on sait moins c’est que Moneytrans est devenue, au fil des ans, une fintech belge qui propose des services allant bien au-delà des échanges de devises. 

Née il y a une vingtaine d’années, cette fintech vient de franchir une nouvelle étape en levant 5 millions d’euros de dette subordonnée avec l’aide de la plateforme PrivateLending.

“Un ensemble unique de services”

Voulant se positionner comme néo-banque, elle a mis en place une plate-forme technologique “hautement évolutive”. Et elle est “sur le point de lancer un ensemble unique de services financiers sur mesure pour les travailleurs migrants et les voyageurs, notamment une carte de débit Mastercard associée à un compte à part entière Iban”, souligne la société implantée dans plusieurs pays européens et africains (République démocratique du Congo et Sénégal).

Afin de développer davantage ses activités principales de transfert de fonds, Moneytrans recherchait une facilité de fonds de roulement supplémentaire de 5 millions. En deux mois, PrivateLending a été en mesure de susciter un intérêt significatif parmi sa base de prêteurs et de lever 5 millions”, souligne Jeremy De Smet, CEO de Moneytrans.

Le holding de tête de Moneytrans affichait un total de bilan de 36,7 millions d’euros en 2018 pour un bénéfice en recul à 122 000 euros (contre531 000 en 2017). Ce recul s’explique par d’importants investissements consacrés au nouveau siège à Bruxelles alors que les activités restent en croissance.

La plateforme B to B PrivateLending a, quant à elle, été lancée en avril 2016 par Benoît Fally, ex-CEO de State Street Global Advisors pour l’Europe continentale, Stanislas Mikolajczak, ancien responsable des investissements chez BMI-SBI, et Frederic Vink, ancien banquier chez CBC. Elle met en relation des emprunteurs basés en Belgique, au Luxembourg, en France et en Allemagne avec des “prêteurs sophistiqués”.

Financement alternatif

De plus en plus d’acteurs de taille moyenne et d’intervenants immobiliers en Belgique ont besoin d’accéder au marché des capitaux (non bancaires) pour financer leurs projets. Le financement alternatif est un moyen optimal d’y parvenir”, commente Benoît Fally.

Près de 140 investisseurs ont participé au processus de levée de fonds de Moneytrans qui a été souscrite in fine par un seul institutionnel. Le taux n’est pas précisé mais devrait osciller entre 7 et 10 %.